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Réglementation
7 septembre 20269 min de lecture
Contenu vérifié conforme au décret 2019-565 (Référentiel National Qualité) — relu par Maxime Pelerin.

Indicateur 13 Qualiopi : coordination centre de formation et entreprise

L'indicateur 13 est spécifique à l'alternance : il impose de coordonner les apprentissages entre le centre de formation et l'entreprise. Ce qui est attendu, les preuves, la non-conformité et comment Formiva structure ce suivi.


Ce que dit le référentiel Qualiopi sur l'indicateur 13

L'indicateur 13 appartient au Critère 3 du RNQ (Référentiel National Qualité), qui porte sur l'adaptation aux publics bénéficiaires : accueil, accompagnement, suivi et évaluation. Comme l'indicateur 12, il est spécifique : il ne concerne que les formations en alternance et l'apprentissage. Si votre organisme ne dispense pas ce type de prestation, l'auditeur l'écarte purement et simplement.

Tuteur en entreprise et formateur coordonnant le parcours d'un apprenti

Coordonner les apprentissages entre le centre de formation et l'entreprise, et anticiper les missions confiées à l'apprenant. Photo : Pexels.

La formulation officielle :

Pour les formations en alternance, le prestataire, en lien avec l'entreprise, anticipe avec l'apprenant les missions confiées, à court, moyen et long terme, et assure la coordination et la progressivité des apprentissages réalisés en centre de formation et en entreprise.

Un seul indicateur, mais deux lieux de formation à faire dialoguer. C'est tout l'enjeu de l'alternance.

Ce que l'indicateur 13 attend concrètement

Derrière la formulation officielle se cachent deux exigences distinctes, qu'il faut traiter séparément.

Anticiper les missions à court, moyen et long terme

L'organisme ne subit pas les missions confiées à l'apprenant par l'entreprise : il les anticipe, avec l'apprenant et en lien avec l'entreprise. Cela suppose de se projeter à trois horizons — court, moyen et long terme — pour savoir ce que l'apprenant fera concrètement en poste, et à quel moment de son parcours. Le texte est explicite : l'anticipation est tripartite. Elle associe le prestataire, l'entreprise et l'apprenant lui-même, qui n'est pas un simple exécutant de son parcours mais un acteur de sa construction.

Coordonner et rendre progressifs les apprentissages entre les deux lieux

C'est le cœur de l'indicateur. Ce que l'apprenant vit en centre de formation et ce qu'il vit en entreprise ne doivent pas être deux mondes étanches. L'organisme assure la coordination des apprentissages réalisés dans les deux lieux, et veille à leur progressivité : les acquis se répondent, se complètent et montent en difficulté de manière cohérente, plutôt que de se juxtaposer au hasard du calendrier.

Cette coordination ne se décrète pas, elle s'outille. Le guide de lecture attend un dialogue effectif avec les tuteurs en entreprise, pour adapter la formation en fonction de ce qui se passe sur le terrain. C'est ce dialogue, tracé, qui prouve que la coordination existe autrement que sur le papier.

Ce que l'auditeur regarde vraiment

L'auditeur cherche des outils de liaison entre l'entreprise, le bénéficiaire et le prestataire. Le guide de lecture donne une liste d'exemples de preuves : carnet de suivi, preuves de dialogue entre le prestataire et les tuteurs pour l'adaptation de la formation, plannings, comptes rendus d'entretien ou de visite d'entreprise, tableau de bord dématérialisé, ou encore outil de capitalisation des retours d'expériences des apprenants. Pour les personnes en situation de handicap (PSH), un outil de liaison spécifique sur les adaptations de la formation en entreprise est attendu.

Aucun de ces supports n'est imposé isolément : ce que l'auditeur veut établir, c'est que le lien entre les deux lieux de formation est réel et tracé. Un carnet de suivi complété, des comptes rendus de visite en entreprise datés, un planning qui articule les périodes — l'un ou l'autre de ces éléments, dès lors qu'il documente la coordination, fait office de preuve.

Sur le plan de la non-conformité, l'indicateur 13 est pondéré. Une non-conformité mineure est caractérisée par une mise en œuvre partielle des processus définis : vous avez posé un dispositif de coordination, mais il n'est appliqué qu'en partie. Selon la gravité du manquement, la non-conformité peut aussi être majeure — par exemple si aucun lien organisé n'existe entre le centre et l'entreprise.

Pour un nouvel entrant, le référentiel prévoit un point précis : un processus d'articulation des apprentissages doit être formalisé pour les deux lieux de formation, centre de formation et entreprise. Sa mise en œuvre, elle, sera auditée lors de l'audit de surveillance, une fois que l'alternance aura effectivement tourné. Autrement dit : à l'audit initial, on vérifie que le processus existe sur le papier ; à la surveillance, on vérifie qu'il vit.

Les 4 erreurs les plus fréquentes sur l'indicateur 13

Erreur n°1 : croire que l'indicateur concerne toutes les formations

L'indicateur 13 est spécifique à l'alternance et à l'apprentissage. Beaucoup d'organismes s'inquiètent de leur conformité alors qu'ils ne dispensent aucune formation en alternance — dans ce cas, l'indicateur ne s'applique pas et l'auditeur l'écarte. À l'inverse, un OF qui bascule sur une première formation en alternance doit se mettre en conformité, sans exception.

Erreur n°2 : ne rien tracer du dialogue avec les tuteurs

Beaucoup d'organismes échangent réellement avec les tuteurs en entreprise — au téléphone, de vive voix lors d'une visite — mais ne conservent aucune trace de ces échanges. Or l'auditeur attend des preuves de dialogue : un compte rendu de visite, un échange écrit, une fiche de liaison renseignée. Un dialogue non tracé est, pour l'audit, un dialogue qui n'a pas eu lieu.

Erreur n°3 : juxtaposer les apprentissages au lieu de les coordonner

Un planning qui empile les périodes en centre et en entreprise sans logique de progression n'est pas de la coordination. L'indicateur exige que les apprentissages des deux lieux se répondent et montent en difficulté de façon cohérente. Un enchaînement qui ne tient qu'au hasard du calendrier ne suffit pas.

Erreur n°4 : oublier l'anticipation des missions

L'indicateur ne se limite pas au suivi en cours de parcours : il demande d'anticiper avec l'apprenant les missions confiées, à court, moyen et long terme. Un organisme qui ne documente que le suivi rétrospectif, sans jamais avoir projeté les missions à venir avec l'apprenant et l'entreprise, passe à côté d'une part entière de l'attendu.

Comment Formiva vous aide à maîtriser l'indicateur 13

Le vrai enjeu de l'indicateur 13 n'est pas de comprendre ce qu'il faut faire, mais de tracer le lien entre trois acteurs — l'organisme, l'entreprise et l'apprenant — sur toute la durée d'un parcours. C'est un travail de coordination qui se perd vite dès qu'on gère plusieurs alternants.

Un suivi de parcours centralisé

Sur Formiva, le parcours de chaque apprenant est suivi au même endroit. Les périodes en centre et en entreprise, les échanges et les points de suivi sont rassemblés sur une même fiche, ce qui évite de reconstituer l'historique de la coordination à la veille de l'audit.

Des outils de liaison tracés et datés

Comptes rendus de suivi, points d'étape, échanges avec le terrain : ces éléments sont horodatés et conservés. Vous disposez ainsi de preuves de dialogue traçables, exactement le type d'outil de liaison que le guide de lecture cite comme preuve pour l'indicateur 13.

Une brique conformité qui centralise les preuves

La brique conformité Qualiopi rassemble ces éléments au même endroit, prêts à être présentés indicateur par indicateur. Pour l'indicateur 13, vous montrez le suivi du parcours en alternance et les traces de coordination sans avoir à les reconstituer manuellement.

Ce que ça change en audit

L'auditeur vérifie deux niveaux. D'abord l'existence du dispositif : y a-t-il un processus d'articulation entre le centre de formation et l'entreprise, formalisé pour les deux lieux ? Ensuite sa mise en œuvre : ce processus vit-il réellement, avec des traces de coordination et de dialogue avec les tuteurs ?

Avec un suivi tenu en continu, vous présentez pour chaque alternant un parcours documenté, des points de suivi datés et des traces d'échanges avec l'entreprise. L'auditeur voit immédiatement que la coordination est structurée et tenue dans le temps — pas assemblée la veille du contrôle. C'est précisément la différence entre une non-conformité mineure pour mise en œuvre partielle et un indicateur pleinement acquis.

FAQ : indicateur 13 Qualiopi

En résumé : ce qu'il faut retenir sur l'indicateur 13

L'indicateur 13 ne concerne que les formations en alternance et l'apprentissage. Il exige deux choses : anticiper avec l'apprenant, en lien avec l'entreprise, les missions confiées à court, moyen et long terme ; et assurer la coordination et la progressivité des apprentissages entre le centre de formation et l'entreprise. La preuve passe par des outils de liaison tracés — carnet de suivi, comptes rendus de visite, preuves de dialogue avec les tuteurs. Une mise en œuvre seulement partielle du dispositif caractérise une non-conformité mineure, qui peut devenir majeure selon la gravité. Pour un nouvel entrant, le processus d'articulation doit être formalisé dès l'audit initial, sa mise en œuvre étant vérifiée en surveillance. La difficulté n'est pas de comprendre l'attendu, mais de tracer le lien entre les trois acteurs sur toute la durée du parcours — un suivi que Formiva centralise et date.

À lire aussi

Sources officielles

  • Référentiel National Qualité, annexe du décret n° 2019-565 du 6 juin 2019 (Légifrance)
  • Guide de lecture du RNQ, version V9 (2024)
  • Article L6316-1 du Code du travail, certification qualité
Maxime Pelerin, fondateur de Formiva

Écrit par

Maxime Pelerin

Fondateur de Formiva. J'aide les organismes de formation à gérer Qualiopi, le suivi des stagiaires et l'administratif sans y passer leurs nuits.

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