Financement
    22 juin 20268 min de lecture

    FAF ou OPCO : qui finance la formation des indépendants et des salariés

    Les OPCO financent les salariés, les FAF financent les indépendants. Voici comment un organisme de formation identifie le bon financeur selon le statut de chaque client.


    Vous avez un prospect au téléphone, il veut se former, et la première question qui tombe c'est « est-ce que c'est pris en charge ? ». Et là, beaucoup d'organismes de formation répondent au hasard, ou pire, renvoient le client vers son OPCO alors que la personne est travailleur indépendant. Résultat : le client appelle, on lui dit que ce n'est pas pour lui, il raccroche et il abandonne son projet. Vous venez de perdre une vente que vous n'aviez même pas vu passer.

    L'erreur est presque toujours la même : on confond OPCO et FAF, ou on ne sait même pas que les FAF existent. Pourtant la logique est simple une fois qu'on l'a en tête. Le bon financeur dépend du statut de la personne, pas du type de formation. Salarié ou non salarié, c'est la première question à poser, et tout découle de là. On va clarifier ça pour que vous arrêtiez d'envoyer vos clients dans le mur.

    La vraie différence : c'est le statut qui décide, pas la formation

    Voici la règle de base, et elle est plus nette qu'on ne le croit. Les OPCO financent la formation des salariés. Les FAF financent la formation des travailleurs non salariés. Point.

    Un OPCO, c'est un Opérateur de Compétences. Il est rattaché à une branche professionnelle et il collecte une partie des contributions des entreprises pour financer la formation de leurs salariés. Quand votre client est embauché en CDI ou en CDD dans une entreprise, son employeur cotise auprès d'un OPCO, et c'est cet OPCO qui pourra prendre en charge tout ou partie de la formation.

    Un FAF, c'est un Fonds d'Assurance Formation. Il joue exactement le même rôle, mais pour les gens qui n'ont pas d'employeur : les indépendants, les dirigeants non salariés, les professions libérales, les artisans, les commerçants, les exploitants agricoles. Ces personnes cotisent elles aussi pour leur formation, via leur contribution à la formation professionnelle, et c'est le FAF correspondant à leur activité qui gère ce budget.

    Donc la question à poser à votre prospect n'est jamais « quelle formation voulez-vous ? » en premier. C'est « quel est votre statut ? ». Salarié, vous regardez du côté de l'OPCO de son employeur. Non salarié, vous cherchez son FAF.

    Les principaux FAF, et qui ils couvrent

    Le piège, c'est qu'il n'y a pas un FAF unique. Il y en a plusieurs, chacun rattaché à une catégorie professionnelle. Si vous orientez un kiné vers le FAF des artisans, le dossier ne passera pas. Voici les quatre que vous croiserez le plus souvent.

    Le FIF PL, Fonds Interprofessionnel de Formation des Professionnels Libéraux. Il finance les professions libérales non salariées : consultants, kinés, avocats, architectes, ostéopathes, et beaucoup d'autres. Si votre client exerce une profession libérale en son nom propre, c'est très probablement là qu'il faut regarder.

    L'AGEFICE, qui couvre les dirigeants non salariés du commerce, de l'industrie et des services. Typiquement le gérant majoritaire de SARL, le commerçant inscrit au registre du commerce, le chef d'entreprise qui relève des travailleurs indépendants. Si votre prospect est patron de sa boîte et non salarié de celle-ci, pensez AGEFICE.

    Le FAFCEA, le Fonds d'Assurance Formation des Chefs d'Entreprise Artisanale. C'est le FAF des artisans : boulanger, coiffeur, électricien, plombier, et toute personne inscrite au répertoire des métiers. Attention à ne pas le confondre avec l'AGEFICE, la frontière se joue sur l'inscription au répertoire des métiers.

    VIVEA, le Fonds pour la formation des entrepreneurs du vivant. Il s'adresse aux exploitants agricoles et aux acteurs du monde agricole non salariés. Si votre client est à la tête d'une exploitation, c'est VIVEA.

    Vous voyez la logique : chaque FAF a son public. Votre travail n'est pas de connaître chaque cas par cœur, mais de savoir poser les bonnes questions pour identifier la bonne porte.

    Comment identifier le bon financeur en pratique

    Quand un prospect vous contacte, posez les questions dans le bon ordre. La première : êtes-vous salarié d'une entreprise, ou travaillez-vous à votre compte ? Cette seule réponse fait basculer vers OPCO ou vers FAF.

    Si c'est un salarié, demandez le nom de son employeur et éventuellement sa convention collective. L'OPCO dépend de la branche de l'entreprise. C'est l'employeur qui sait à quel OPCO il cotise, donc le plus simple est souvent de renvoyer votre client vers son service RH ou son dirigeant pour avoir l'info.

    Si c'est un non salarié, la question devient : quelle est votre activité exacte et sous quel statut êtes-vous enregistré ? Profession libérale, vous partez sur le FIF PL. Artisan inscrit au répertoire des métiers, FAFCEA. Commerçant ou dirigeant non salarié, AGEFICE. Exploitant agricole, VIVEA. Le numéro SIRET et le code APE du client donnent souvent un bon indice de sa catégorie.

    Attention à un cas qui revient souvent : le micro entrepreneur. Il est non salarié, donc il relève d'un FAF, mais le FAF dépend de la nature de son activité. Un micro entrepreneur en activité libérale ira plutôt vers le FIF PL, un artisan vers le FAFCEA. Ne supposez rien, faites préciser l'activité.

    Et n'oubliez pas que les démarches, les plafonds et les conditions sont propres à chaque financeur. Je ne vous donne aucun montant ici parce qu'ils changent et qu'inventer un chiffre serait le meilleur moyen de décevoir un client. Le réflexe à avoir, c'est d'orienter vers le bon organisme et de laisser le client vérifier ses droits directement auprès de lui.

    Le retour d'expérience de Maxime

    Pendant longtemps, j'ai vu des organismes traiter le financement comme un sujet annexe, à régler à la fin. C'est exactement l'inverse. La première question à poser, c'est le statut du client, parce que c'est lui qui ouvre ou ferme les portes. Le jour où vous savez instantanément dire « vous êtes libéral, regardez du côté du FIF PL » ou « vous êtes salarié, on passe par l'OPCO de votre employeur », vous gagnez la confiance du prospect en trente secondes. Et un prospect qui se sent compris, c'est un prospect qui signe.

    FAQ

    Un même client peut-il dépendre à la fois d'un OPCO et d'un FAF ? En général non, sur une même activité. C'est son statut qui tranche : salarié, c'est l'OPCO de son employeur, non salarié, c'est son FAF. Le cas particulier existe quand une personne cumule une activité salariée et une activité indépendante, mais là chaque activité a son propre financeur. Faites préciser au titre de quelle activité la formation est demandée.

    Mon client est dirigeant de sa propre entreprise, OPCO ou FAF ? Tout dépend de son statut social. Un dirigeant assimilé salarié peut relever de l'OPCO de l'entreprise. Un dirigeant non salarié, lui, relève d'un FAF, AGEFICE ou FAFCEA selon son activité. La question à poser est donc : êtes-vous rattaché au régime des salariés ou à celui des indépendants ?

    Est-ce à l'organisme de formation de monter le dossier de financement ? Pas forcément, et c'est souvent le client qui fait sa demande auprès de son financeur. Votre rôle est d'orienter vers le bon organisme, de fournir les documents nécessaires comme le programme et le devis, et d'accompagner. Plus vous facilitez cette étape, plus vous transformez de prospects en clients.

    En résumé

    Retenez la règle simple : OPCO pour les salariés, FAF pour les non salariés. Le statut du client décide du financeur, pas le type de formation. Côté FAF, gardez en tête les quatre grands, le FIF PL pour les professions libérales, l'AGEFICE pour les dirigeants non salariés du commerce et des services, le FAFCEA pour les artisans, VIVEA pour les exploitants agricoles. Posez toujours la question du statut en premier, faites préciser l'activité exacte, et laissez le client vérifier ses droits auprès de l'organisme identifié. Cette clarté change tout dans votre relation commerciale.

    Si vous voulez aller plus loin sur la mécanique du financement, jetez un œil à notre article sur le financement direct OPCO et CPF comme stratégie commerciale, et si vous démarrez, celui sur comment trouver vos premiers clients en organisme de formation vous sera utile.

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