Gestion
    19 juin 20269 min de lecture

    La gestion des compétences (GPEC / GEPP) : définition et enjeux

    La gestion des compétences, c'est anticiper ce que vos équipes savent faire aujourd'hui et ce qu'elles devront savoir faire demain. Voici la définition, les enjeux, et la place d'un organisme de formation là-dedans.


    En bref. La gestion des compétences consiste à savoir ce que les collaborateurs d'une entreprise savent faire aujourd'hui, ce qu'ils devront maîtriser demain, et à combler l'écart, notamment par la formation. La GPEC et la GEPP désignent les démarches structurées qui organisent cette anticipation. Pour un organisme de formation, ces enjeux sont une porte d'entrée directe vers les besoins concrets des entreprises.

    Vous avez sûrement déjà entendu parler de gestion des compétences, de GPEC, de GEPP, dans une réunion RH ou dans un appel d'offres. Et vous avez sûrement aussi eu l'impression qu'on vous parlait une langue étrangère, avec des acronymes empilés les uns sur les autres. C'est dommage, parce que derrière le jargon, il y a une idée très simple et très concrète qui concerne directement votre activité d'organisme de formation.

    La gestion des compétences, c'est juste le fait de savoir ce que les gens d'une entreprise savent faire, ce qu'ils devront savoir faire dans deux ou trois ans, et de combler l'écart entre les deux. Voilà. Tout le reste, ce sont des outils et des méthodes pour organiser ça. Dans cet article, je vous explique la définition, les enjeux pour les entreprises, et surtout pourquoi c'est une mine d'or si vous vendez de la formation.

    La gestion des compétences, c'est quoi exactement

    Une compétence, c'est la capacité concrète à faire quelque chose dans un contexte de travail donné. Pas un diplôme, pas un savoir théorique rangé dans un tiroir. Un commercial qui sait conduire un entretien de vente, un comptable qui maîtrise un nouveau logiciel, un manager qui sait mener un entretien annuel difficile : ce sont des compétences. Elles se voient, elles se mesurent, elles s'évaluent.

    Gérer les compétences, c'est donc faire trois choses dans l'ordre. D'abord, dresser l'état des lieux : qui sait faire quoi, à quel niveau, dans l'entreprise. Ensuite, définir où on veut aller : de quelles compétences on aura besoin demain compte tenu de la stratégie, du marché, des nouveaux outils. Enfin, organiser le passage de l'un à l'autre : recrutement, mobilité interne, et bien sûr formation. C'est ce dernier point qui vous intéresse, et j'y reviens plus bas.

    L'erreur classique, c'est de croire que tout ça concerne uniquement les grands groupes avec des services RH gigantesques. Faux. Une entreprise de quinze personnes qui voit son marché changer a exactement le même problème, juste à une échelle différente. Et elle a souvent encore moins les moyens de le résoudre seule.

    GPEC, GEPP : la même chose ou presque

    Maintenant, les fameux acronymes. La GPEC, c'est la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences. C'est un dispositif qui existe depuis les années 2000 et qui consiste à anticiper les besoins en emplois et en compétences de l'entreprise, pour éviter de se retrouver le dos au mur. Au lieu de réagir dans l'urgence quand un métier disparaît ou qu'une technologie débarque, on planifie.

    La GEPP, c'est la Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels. C'est le nom qui a remplacé la GPEC depuis les ordonnances de 2017. Le changement n'est pas qu'un coup de peinture sur le panneau. Le mot prévisionnel a disparu au profit de parcours, parce qu'on a admis qu'on ne peut plus vraiment prévoir grand chose à cinq ans, et que l'enjeu c'est plutôt d'accompagner les trajectoires individuelles des salariés. On parle davantage d'employabilité, de mobilité, de formation tout au long de la vie.

    Dans les faits, quand un client vous parle de GPEC ou de GEPP, il vous parle de la même intention : anticiper et organiser les compétences de ses équipes. Vous n'avez pas besoin d'être expert en droit du travail pour comprendre que, dans les deux cas, la formation est un levier central. C'est tout ce qui compte pour vous.

    Pourquoi c'est un vrai enjeu pour les entreprises

    Soyons honnêtes, beaucoup d'entreprises subissent la gestion des compétences plutôt qu'elles ne la pilotent. Et les raisons de s'y mettre sérieusement sont de plus en plus fortes.

    Premier point, la vitesse du changement. Les outils numériques, l'intelligence artificielle, les nouvelles réglementations : un poste peut être profondément transformé en deux ou trois ans. Si personne n'anticipe, l'entreprise se retrouve avec des salariés compétents sur des choses qui n'existent plus et incompétents sur ce dont elle a besoin.

    Deuxième point, la pénurie de talents. Recruter coûte cher et prend du temps, et sur certains métiers on ne trouve tout simplement personne. Du coup, faire monter en compétences les gens déjà en poste devient souvent plus malin que de chercher le mouton à cinq pattes sur le marché.

    Troisième point, la fidélisation. Un salarié qui sent qu'il progresse et qu'on investit sur lui reste. Celui qui stagne part. La formation est devenue un argument de rétention, pas juste une obligation administrative. Et pour les entreprises d'une certaine taille, il y a aussi une dimension légale, avec l'obligation de négocier sur la GEPP. Bref, entre la contrainte et l'opportunité, le sujet est partout.

    Le retour d'expérience de Maxime

    Quand j'échange avec des organismes de formation, je vois souvent la même chose. Ils vendent des sessions sur catalogue sans jamais demander au client de quelles compétences il a réellement besoin demain. C'est un manque à gagner énorme, parce que c'est précisément cette conversation qui transforme une formation isolée en plan pluriannuel. Le jour où vous parlez compétences plutôt que stages, vous changez de catégorie aux yeux du client. Vous devenez un partenaire, pas un prestataire qu'on met en concurrence sur le prix.


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    Comment un organisme de formation se connecte à tout ça

    Voilà le cœur du sujet. La gestion des compétences crée un besoin, et ce besoin, vous êtes là pour y répondre. Quand une entreprise identifie un écart entre les compétences qu'elle a et celles qu'elle veut, elle a trois choix : recruter, déplacer ses gens en interne, ou les former. Vous êtes sur la troisième porte, et c'est souvent la plus accessible pour elle.

    Concrètement, ça veut dire arrêter de vendre des formations en réagissant à une demande ponctuelle, et commencer à vous brancher en amont sur la réflexion compétences du client. Vous lui posez les bonnes questions : quels métiers évoluent chez vous, quelles compétences vous manquent, où voulez vous être dans deux ans. À partir de là, vous ne proposez plus une formation, vous proposez un parcours aligné sur ses besoins réels. Le panier moyen n'a rien à voir, et le client a beaucoup moins de raisons d'aller voir ailleurs.

    Cette approche change aussi votre prospection. Au lieu de courir après des leads froids, vous construisez des relations longues avec des entreprises dont vous connaissez la stratégie. Si vous débutez sur cette partie commerciale, je vous renvoie à mon article sur comment trouver ses premiers clients quand on est organisme de formation, parce que la logique de fond est la même : parler du problème du client avant de parler de votre offre.

    Enfin, qui dit parcours dit plusieurs sessions, plusieurs formats, plusieurs groupes à suivre dans le temps. Vous allez devoir jongler avec du présentiel et du distanciel selon les compétences visées, et là je vous conseille de lire ce qu'on a écrit sur le choix entre présentiel, distanciel et hybride. Et surtout, vous allez vite vous rendre compte qu'un tableur ne suffit plus pour gérer toutes ces sessions dès que le volume grimpe.

    À retenir

    • Retenez la logique en trois temps : état des lieux des compétences, besoins futurs, puis comblement de l'écart.
    • Sachez que GPEC et GEPP désignent la même intention, anticiper et organiser les compétences des équipes.
    • Ne réservez pas ce sujet aux grands groupes : une PME qui voit son marché changer a le même problème.
    • Parlez compétences plutôt que stages au client pour passer de prestataire à partenaire et vendre du pluriannuel.

    FAQ

    Quelle est la différence entre GPEC et GEPP ? La GEPP a remplacé la GPEC depuis les ordonnances de 2017. L'idée de fond reste la même, anticiper et organiser les compétences, mais la GEPP insiste davantage sur les parcours professionnels et l'employabilité des salariés, et moins sur la prévision à long terme qu'on a jugée trop incertaine.

    La gestion des compétences concerne-t-elle les petites entreprises ? Oui, complètement. Une TPE ou une PME a les mêmes enjeux d'anticipation qu'un grand groupe, à son échelle. Elle a souvent moins de moyens internes pour les traiter, ce qui en fait justement de bons clients pour un organisme de formation qui sait l'accompagner.

    En tant qu'organisme de formation, dois-je maîtriser la GEPP en détail ? Non. Vous n'avez pas besoin d'être juriste ou consultant RH. Ce qui compte, c'est de comprendre la logique compétences de votre client pour lui proposer des formations alignées sur ses besoins réels, plutôt que des stages sur catalogue déconnectés de sa stratégie.

    En résumé

    La gestion des compétences, c'est savoir ce que vos équipes savent faire, ce qu'elles devront savoir faire, et combler l'écart. La GPEC et la GEPP sont deux noms pour cette même intention, la GEPP étant la version actuelle, plus centrée sur les parcours. Pour les entreprises, c'est devenu un enjeu majeur entre la vitesse du changement, la pénurie de talents et la fidélisation. Et pour vous, organisme de formation, c'est une opportunité énorme : en vous branchant sur cette réflexion en amont, vous passez du statut de prestataire interchangeable à celui de partenaire qui construit des parcours sur mesure.

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    Sources officielles

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    Photo de couverture : Austin Distel sur Unsplash.

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    Maxime Pelerin, fondateur de Formiva

    Écrit par

    Maxime Pelerin

    Fondateur de Formiva. J'aide les organismes de formation à gérer Qualiopi, le suivi des stagiaires et l'administratif sans y passer leurs nuits.

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