Crédit d'impôt formation du dirigeant : la fin du dispositif (et par quoi le remplacer en 2026)
Le crédit d'impôt formation du dirigeant ne s'applique plus aux formations réalisées après le 31 décembre 2024. Voici ce qui a changé et les financements qui prennent le relais pour un dirigeant en 2026.
Le crédit d'impôt formation du dirigeant a pris fin fin 2024 : d'autres financements prennent le relais. Photo : Bia Limova / Pexels.
L'info à retenir d'abord : le dispositif a pris fin
Soyons directs, parce que beaucoup d'articles et de pages de vente traînent encore de vieilles informations sur le sujet. Le crédit d'impôt pour la formation des dirigeants, prévu à l'article 244 quater M du CGI, n'a pas été reconduit. Il ne concerne plus les heures de formation réalisées à compter du 1er janvier 2025.
Concrètement, un dirigeant qui se forme en 2025 ou en 2026 ne peut plus déclarer ce crédit d'impôt sur ces heures. La page officielle de l'administration (service-public.fr, fiche F23460) le confirme noir sur blanc : le dispositif n'est plus applicable aux formations postérieures au 31 décembre 2024.
Si vous êtes un organisme de formation, retenez-le tout de suite : ne promettez plus ce crédit d'impôt à vos clients dirigeants pour une formation à venir. C'est le meilleur moyen de perdre en crédibilité, voire de mettre votre client en porte-à-faux avec son expert-comptable. La bonne nouvelle, c'est qu'il existe d'autres financements bien réels, et c'est là-dessus qu'il faut construire votre argumentaire.
Ce qu'était ce crédit d'impôt (pour comprendre ce qui disparaît)
Pour situer, voici comment le dispositif fonctionnait tant qu'il était en vigueur. Quand un dirigeant se formait lui-même (pas ses salariés, lui), l'État lui accordait un avantage fiscal calculé sur le temps passé en formation.
La formule tenait en une ligne : nombre d'heures de formation multiplié par le SMIC horaire, dans la limite de 40 heures par année civile et par entreprise. Le résultat venait en déduction directe de l'impôt de l'entreprise (impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés), et non de son bénéfice imposable. Un crédit d'impôt, donc, pas une simple charge déductible.
Un mécanisme de doublement avait même existé pour les entreprises de moins de 10 salariés réalisant moins de 2 millions d'euros de chiffre d'affaires. Tout cela appartient désormais au passé pour les formations réalisées après fin 2024. Si un dirigeant s'était formé avant cette date et n'a pas encore déclaré son crédit d'impôt, il doit voir sans tarder avec son expert-comptable dans quelle mesure il peut encore le faire valoir sur l'exercice concerné.
Par quoi remplacer ce financement en 2026
C'est la vraie question utile, et la réponse est plutôt rassurante. Un dirigeant qui veut se former dispose toujours de financements dédiés, souvent plus intéressants que l'ancien crédit d'impôt d'ailleurs. Tout dépend de son statut.
Pour les professions libérales : le FIF-PL. Le Fonds interprofessionnel de formation des professionnels libéraux prend en charge la formation des libéraux (consultants, professions de santé, du droit, du conseil) qui cotisent à la contribution à la formation professionnelle. Les prises en charge se demandent en amont, avec des plafonds annuels par bénéficiaire. Le détail est dans notre guide dédié au financement de la formation par le FIF-PL.
Pour les commerçants, artisans et dirigeants non salariés : l'AGEFICE. L'AGEFICE est le fonds d'assurance formation des chefs d'entreprise ressortissant du commerce, de l'industrie et des services. Elle finance la formation des dirigeants non salariés et de leurs conjoints collaborateurs, là aussi sur demande préalable et dans une enveloppe annuelle. On explique le fonctionnement et les plafonds dans notre article sur le financement AGEFICE.
Pour les dirigeants assimilés salariés : l'OPCO et le plan de développement des compétences. Un président de SAS ou un gérant minoritaire assimilé salarié peut, selon les cas, faire financer sa formation via l'OPCO de l'entreprise, dans le cadre du plan de développement des compétences. La logique est la même que pour un salarié classique.
Le point commun de ces trois voies : la demande se fait en général avant la formation, avec un devis et une convention. C'est exactement le type de document qu'un organisme de formation sérieux produit déjà, et c'est là que vous entrez en jeu.
Le retour d'expérience de Maxime
Je me souviens d'un formateur en management qui galérait à closer ses formations « posture de dirigeant » auprès de patrons de PME. Prix affiché, 1 490 euros les deux jours, et des prospects qui trouvaient ça cher et traînaient des pieds.
Le conseil que je lui ai donné n'a pas pris une ride, même si le dispositif fiscal, lui, a changé : arrête de parler du prix brut, parle du reste à charge après financement. À l'époque, on s'appuyait sur le crédit d'impôt. Aujourd'hui, pour ce même formateur, on regarderait d'abord le statut de chaque prospect, puis on l'orienterait vers le FIF-PL ou l'AGEFICE selon les cas, avec le devis et la convention prêts à envoyer au fonds.
Le vrai enseignement, celui qui reste vrai quel que soit le dispositif du moment : le formateur qui aide son client à trouver et mobiliser le bon financement ne vend plus une formation, il devient le prestataire qui simplifie la vie et débloque un budget. Ça, aucune réforme ne l'a supprimé, et ça vous démarque toujours autant.
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Pour un OF : l'argument de vente reste valable, il change juste de support
Ne jetez pas votre argumentaire, adaptez-le. La logique commerciale qui marchait avec le crédit d'impôt marche tout aussi bien avec les fonds de formation, à condition d'être à jour.
Angle 1 : le reste à charge, pas le prix affiché. Continuez de communiquer sur le coût net après financement, pas sur le tarif brut. « 1 500 € » devient « X € de reste à charge après prise en charge FIF-PL ou AGEFICE ». Vous n'avez pas touché à votre marge, mais la perception change du tout au tout.
Angle 2 : le financement méconnu. Beaucoup de dirigeants de TPE ignorent qu'ils cotisent déjà à un fonds de formation et qu'ils peuvent l'utiliser. Faites-en un contenu : un post LinkedIn, un mail à votre base, une page dédiée. Vous apportez de la valeur avant même de vendre.
Angle 3 : le service clé en main. Le vrai différenciateur, c'est de ne pas laisser le client se débrouiller avec son dossier. Préparez le devis, la convention et l'attestation au bon format pour le fonds concerné. Vous ne vendez plus une formation, vous vendez une formation ET son financement. C'est exactement ce que permet un suivi administratif carré.
Angle 4 : anticiper les délais. Contrairement à l'ancien crédit d'impôt qui se déclarait après coup, les fonds de formation exigent une demande en amont. C'est un argument pour engager le prospect tôt : « pour être financé, on dépose le dossier avant de démarrer, donc calons la date maintenant. »
Les erreurs à éviter absolument
- Promettre l'ancien crédit d'impôt. Il n'existe plus pour les formations après le 31 décembre 2024. Le mentionner comme un avantage actuel vous décrédibilise immédiatement.
- Se tromper de fonds. FIF-PL, AGEFICE, OPCO : chaque statut a son financeur. Vérifiez le statut du dirigeant avant d'annoncer une prise en charge, et dans le doute, renvoyez vers son expert-comptable ou vers le fonds.
- Oublier les délais de demande. La plupart des prises en charge se sollicitent avant la formation. Un dossier déposé trop tard, et le financement saute.
- Oublier les justificatifs. Sans convention, émargement et attestation propres, pas de prise en charge solide. Un dossier de formation carré protège votre client et votre réputation.
À retenir
- Le crédit d'impôt formation du dirigeant (article 244 quater M du CGI) ne s'applique plus aux formations réalisées après le 31 décembre 2024. Il n'a pas été prorogé.
- Ne le présentez plus à vos clients comme un avantage disponible pour une formation à venir : c'est faux et cela vous décrédibilise.
- Les financements qui prennent le relais existent bel et bien : FIF-PL pour les libéraux, AGEFICE pour les commerçants et dirigeants non salariés, OPCO pour les assimilés salariés.
- Pour un OF, l'argument de vente reste le même (parler du reste à charge, proposer un service clé en main), il s'appuie simplement désormais sur ces fonds plutôt que sur le crédit d'impôt.
Questions fréquentes
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Sources officielles
- service-public.fr : peut-on encore bénéficier du crédit d'impôt pour la formation des dirigeants ? (fiche F23460)
- Légifrance : article 244 quater M du Code général des impôts
- FIF-PL : le fonds de formation des professionnels libéraux
- AGEFICE : le fonds d'assurance formation des chefs d'entreprise
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